Au cours du temps

 

 

 


Expérience de broyage

 


Meules

 


Polissoirs

 


Meules circulaires

 


Microcéréales

 

Broyage, meules et polissoirs

 

L’arrivée des populations néolithiques dans la moitié Nord de la France, vers 5000 av. J.C., s’accompagne de nouveaux modes de subsistance et de nouvelles techniques jusque là réservées à des régions plus orientales d’Europe. L’apparition de l’agriculture et de la sédentarité s’accompagne ainsi d’une consommation accrue des céréales dans l’alimentation quotidienne. Ces céréales sont moulues et broyées à l’aide de meules essentiellement en grès. Ces meules peuvent être utilisées pour la transformation d’autres substances alimentaires (légumineuses, herbes aromatiques, plantes oléagineuses et médicinales, viande et poisson séchés). L’introduction des techniques de fabrication des vases en céramique implique de nouveaux besoins en matériaux pilés et broyés utilisés comme dégraissants pour solidifier les pâtes céramiques. Silex, os, chamotte peuvent ainsi être concassés et pilés à l’aide de petits broyons sur des tables de broyage de formes très variées. Des techniques identiques sont également utilisées pour le broyage des matières colorantes comme l’ocre connu dans les tombes des premiers agriculteurs de la vallée de l’Aisne. De nouveaux outils en pierre polie et en os (herminettes, poinçons) ou des objets de parures en coquillages, calcaires et schistes sont fréquemment mis en forme par abrasion et polissage. On retrouve ainsi sur tous les sites néolithiques des polissoirs et des abraseurs de formes et dimensions variables.

L’étude de ces outils apporte de nombreuses informations sur la société et l’économie des populations installées de la vallée de l’Aisne durant toute la Protohistoire.
L’étude de l’évolution de la forme, des dimensions et du fonctionnement des meules et des polissoirs permet de comprendre l’évolution de ces techniques et leur progrès dans le temps. L’augmentation des dimensions des meules tout au long du Néolithique permet ainsi de produire plus de farine et de nourrir une population toujours plus nombreuse. Elle permet également de distinguer les outils polyvalents des outils spécialisés, qui répondent à des normes de fabrication assez strictes. A partir du IIème siècle avant notre ère, un nouveau type de meule apparaît : la meule rotative dont la vitesse et le rendement constituent un réel progrès économique. Il s’agit là d’une évolution majeure des techniques de mouture qui ne cessera d’être perfectionnée jusqu’au XIXe siècle.
L’étude des roches sélectionnées pour la fabrication des meules (grès, calcaires) permet de connaître l’éloignement entre les sources d’approvisionnement et les villages, et par la même une partie des réseaux de circulation et d’échange des matériaux. Dans la vallée de l’Aisne, il semble que les roches sélectionnées pour la fabrication des meules et polissoirs soient toutes accessibles dans un rayon de 5 à 15 kilomètres autour des sites.
L’analyse de la fonction des outils contribue à la restitution des activités qui se sont déroulées dans les maisons et les villages. Grâce à une analyse microscopique des traces d’utilisation en surface des meules et polissoirs archéologiques et à la reconstitution expérimentale de leur fonctionnement, il est ainsi possible d’identifier la dernière utilisation de ces objets avant leur rejet dans les fosses ensuite retrouvées lors des fouilles des habitats.
En outre, les meules semblent revêtir une valeur symbolique forte, liée à l’identité agricole des populations. Rangées en cercle ou empilées dans des fosses particulières proches de l’habitation, elles sont aussi parfois déposées dans les tombes des femmes ou des enfants. On les retrouve également brûlées et cassées dans d’anciens silos ou dans le comblement de puits abandonnés.

Meules et polissoirs sont autant d’indices pour reconstituer les activités quotidiennes, sur le plan tant alimentaire que technique, des habitants des villages de la vallée de l’Aisne.


Aliments végétariens néolithique

 

 

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