Au cours du temps

Période
Age des Métaux

La période de la Tène

 


Vue aérienne décapage de l'enclos

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  Dessin en plan d'une unité
       domestique gauloise

 


Vue du sol en craie d'une cave
du secteur d'habitat

  


Assemblage de vases
de présentation

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Maquette de reconstitution
      d'habitations du site
 

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Villeuneuve-Saint-Germain "les Grèves"

 

 

La commune de Villeneuve-Saint-Germain se trouve à la périphérie est de Soissons. L’Aisne forme à cet endroit un vaste méandre de plus de 5,6 km de long qui borde la commune dans sa partie septentrionale. L’itinéraire de la rivière a été fixé au XIXe siècle à l’issue des travaux de canalisation (1838 à 1842). Un canal de dérivation fut percé sur 800 m et segmente artificiellement l'oppidum en deux secteurs. Le territoire de Villeneuve-Saint-Germain constitue un secteur extrêmement sensible sur le plan archéologique. La découverte de l’oppidum de Villeneuve-Saint-Germain remonte au XIXe siècle, entre 1861 et 1880. En 1892, Monsieur Vauvillé met en évidence la présence d’une imposante fortification bordée de fossés (préalablement identifié comme un prétendu canal romain), qu’il attribue aux Gaulois et reconnaît à l’intérieur l’existence d’un oppidum. Le méandre était ainsi fermé au sud par une fortification de type "murus gallicus", qui a fait l'objet d'explorations limitées mais explicites. L'oppidum de Villeneuve-Saint-Germain couvre 100 ha parmi lesquels seuls 3 ha ont été fouillés. Une partie non quantifiable de l'oppidum est à ce jour définitivement détruit.


En 1973 l’ouverture d’une carrière au lieu-dit “les Grèves” a permis à Michel Boureux de découvrir à la fin de l’hiver trois plans de maisons du Néolithique de tradition danubienne ainsi que les structures de fondations gauloises.Dès 1974, Jean Debord consacrera 11 années durant son temps à accumuler les observations en surveillant les destructions et en exécutant des fouilles. Il étudiera des secteurs à vocation artisanale, le rempart et les fossés sur des zones partielles et sauve in extremis l’atelier monétaire en cours de destruction par une autre gravière.

 

En 1974, l’Equipe du Centre de Recherche Protohistorique de l’Université de Paris I et l’Unité de Recherche Archéologique n° 12 du C.N.R.S. (UMR 7041, équipe protohistoire européenne) dirigée par le Professeur Bohumil Soudsky commence des fouilles au lieu-dit “les Grèves” à l’emplacement du village néolithique. Jusqu’en 1981, cette équipe se consacre à l’étude du nouveau groupe culturel néolithique connu sous le nom du “Groupe de Villeneuve-Saint-Germain” dune part et découvre à Villeneuve les premiers plans de maisons urbaines gauloises connus en France du Nord d'autre part. Les fouilles se sont concentrées dans le secteur sud-est du site où ont été mis au jour un quartier d'habitation organisé en grands enclos disposés le long de rues. L'habitat est caractérisé par des maisons de plans rectangulaire auxquelles sont associés des greniers mais aussi des caves, le tout cerné par des petites palissades qui isolent ainsi des unités domestiques. Au sud-ouest, la partition de l'espace est réalisée par un système de fossés se développant sur plusieurs centaines de mètres, disposés "en croix". On sait depuis l'année 2007 que ces fossés, au moins à leur point de rencontre, étaient cuvelés, mais il faut sans doute extrapoler ce caractère à toute leur longueur. Le cuvelage était fixé sur des poteaux plantés régulièrement dans les parois. Une rangée de poteaux, de part et d'autre des fossés, autorise à imaginer une superstructure couvrant les fossés ou leurs abords.



Tous les secteurs fouillés ont livré un abondant mobilier, notamment en céramique, amphore, faune et métal. L'étude de ces différentes catégories a permis d'établir une typo-chronologie fine (poterie et amphores), de travailler sur les techniques de fabrications, d'aborder la question de la gestion du cheptel dans un contexte d'urbanisation émergent, de faire des propositions sur l'architecture domestique. Un mobilier riche et hétérogène a été mis au jour dans le remplissage de ces fossés (monnaies, rouelles, faune, …) mais aussi des fosses situées à proximité, et indique que des activités variées, politiques et cultuelles, mais aussi artisanales et commerciales (métallurgiques, bouchères, …), se déroulaient à proximité, dont certaines plus particulièrement dans le secteur du "carrefour" (notamment un atelier monétaire). Le fruit de ces études ont permis de proposer de nombreuses reconstitutions grandeur nature qui illustrent de nos jours un grand nombre d’ouvrages scolaires ou destinés au grand public. L'ensemble de ces recherches a donné lieu à de nombreuses études universitaires et d’articles scientifiques. Villeneuve-Saint-Germain demeure l'un des oppidum de France du Nord le mieux connu. Il s'agirait du site de Noviodunum dans lequel se seraient réfugiés les Suessions, défaits par César au début de la Guerre des Gaules au milieu du 1er siècle avant notre ère : leur reddition explique peut-être les destructions volontaires des principales structures que les fouilles récentes ont permis de mettre en évidence.

 

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