Au cours du temps

Période
Age des Métaux

La période de la Tène

 

 


Vue aérienne du site

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Plan des deux enclos
      diachrones

 

 


Crâne de bovins

 

 


Puits empierrée et piquets
soutenant une super structure

 

 


Dépôt d'amphore dans le fossé 208 

 

 


Stipulum ou grande louche

 

 

Braine "la Grange des Moines"

 

Le site de Braine "la Grange des Moines" est situé sur la terrasse alluviale de la vallée de la Vesle (Aisne). Le site est occupé entre la seconde moitié du second siècle jusqu'à la première moitié du 1er siècle avant notre ère ; il s’organise autour de 2 enclos (A et B), diachrones, superposés, dont l’orientation diffère.  Un fossé rectiligne apparaît comme un élément structurant supplémentaire qui s'articule avec l'enclos A.


Le premier enclos de grande taille cerne une surface de 7700 m2 environ et offre un large fossé de 1,50 m à 2,50 m suivant les secteurs, avec une profondeur de 0,60 m en moyenne. On observe une partition de l'espace interne de l'enclos en deux zones : la première représente une surface de 5000 m2 et la seconde, plus petite, une surface de 2700 m2, avec une subdivision interne transversale partielle de la seconde partie.

 

L'accès à l'enclos est matérialisé par l'aménagement de deux entrées situées à l'opposé l'une de l'autre, chacune localisée dans les deux espaces distincts qui composent l'enclos. On distingue deux secteurs riches en mobilier, le premier est situé en vis-à-vis d'un grand bâtiment d'habitation, et le second correspond au segment oriental du fossé d'enclos qui se développe de part et d'autre de l’entrée, avec notamment la présence d'une calotte crânienne humaine et un scalp de cerf avec les bois sciés.

 

La quantité de mobilier issu de ces deux secteurs reflète à la fois des activités domestiques avec des rejets de consommation très fragmentés et mélangés mais aussi des dépôts intentionnels de morceaux de viande composés principalement de têtes de bœufs exposés à même le sol ou érigés à l'origine sur des poteaux, complétés par des morceaux de bœufs et de chevaux alignés ou empilés dont le caractère rituel ne peut nous échapper et que seule une fouille en place a permis. Un fossé rectiligne d’une longueur de 160 m, de 1,50 m à 2,10 m de large pour une profondeur comprise entre 0,40 m à 0,80 m, et fortement coudé au point de rencontre avec le fossé d'enclos le plus ancien (enclos A), a livré une quantité non négligeable de mobilier. La présence de nombreux dépôts a été mise en évidence dans la phase finale du comblement comme des crânes de bœufs ou de chevaux ou encore des morceaux de viande de ces mêmes espèces. L’hypothèse la plus probable sur sa fonction est celle d’un fossé bordant un chemin d’accès au site, donnant à l’ensemble une allure imposante.



Le système d'enclos plus récent (st. 220, enclos B) a été érigé après le comblement du précédent. De forme quadrangulaire plus régulière que le précédent, sa superficie totale est de 3330 m2. L’orientation est différente de l’enclos A puisqu’il forme avec ce dernier un angle à plus ou moins 45°. Les dimensions du fossé sont de 70 m de long pour 45 m de large. Au nord-est et au nord-ouest, les profils en Y, plus ou moins érodés, correspondent à un fossé palissadé ainsi que les deux antennes qui prolongent deux des côtés de l'enclos pour former un couloir d'accès long et étroit de 50 m. Seule la partie sud-est de l'enclos a fonctionné en fossé ouvert. C'est dans ce secteur qu'un dépôt exceptionnel de 4 m de long se développe en vis-à-vis d’une fosse empierrée.  Cernés de deux grosses pierres, on identifie plusieurs éléments du squelette de bœuf et de cheval, dont l'organisation témoigne assurément d'une volonté de mettre en scène l’ensemble des morceaux de viande déposés, avec une alternance soigneuse de différents morceaux sélectionnés.

 

Qu’elle était donc la fonction de ces enclos ? Le plus ancien peut-être comparé à un établissement rural, avec un certain nombre de caractéristiques qui le distingue du simple habitat, où se mêlent dépôts à caractère rituels de qualité – nombreuses offrandes ou dépôts de morceaux de bœufs et de chevaux mais aussi d’amphores - et rejets détritiques variés dont certains éléments, comme le stipulum ou encore l’oiseau en céramique, suggèrent l’appartenance des occupants à une classe aisée de la population. On remarque aussi une consommation élevée du porc qui démarque cet habitat des autres reconnus à cette période dans un contexte régional bien cerné qui nous permet d'aborder les spécificités du site en matière d’élevage et de consommation plus particulièrement.
 
La configuration du deuxième enclos, les structures qui lui sont associées et les dépôts sont les manifestations évidentes de sa dévolution à des « activités » où le rituel animal, en particulier, joue un rôle plus important voire primordial.

Le site a livré un matériau qui se présente sous la forme de petites boulettes
de couleur bleue dont la taille ne dépasse guère 5 mm. Après une analyse
structurale par microspectrométrie Raman, les courbes ont permis d’identifier
la cuprorivaïte, un cristal caractéristique du bleu égyptien.
L'établissement de Braine est parmi les rares sites du Bassin parisien
à avoir livré de tels indices de la présence de boulettes de bleu égyptien
pour des périodes aussi anciennes de la Protohistoire.

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