Au cours du temps

Période
Age des Métaux

La période de la Tène

 

 

  

  Plan du site successif

 

  Plan général du site 

Condé-sur-Suippe, Variscourt

L'oppidum de La Tène finale 

 

Le site est localisé à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Reims, au fond de la vallée de l'Aisne. Il s'agit d"un vaste habitat groupé fortifié de 170 ha installé à fleur d'eau, en fonds de vallée, à la confluence de la rivière la Suippe avec l'Aisne. Cet oppidum est théoriquement sur le territoire des Remi à la fin de l'Age du Fer. L'intérieur du site est détruit sur la moitié de sa surface par d'anciennes gravières, une sucrerie et ses bassins de décantation, ainsi que par le canal latéral à l'Aisne et une ligne de chemin de fer. Ces installations ont été l'occasion depuis le début du XXè siècle de nombreuses découvertes fortuites et de fouilles de sauvetages urgents. Nos connaissances détaillées portent aujourd'hui sur 4 ha, en deux secteurs contigus décapés intégralement, surface qui représente à l'heure actuelle l'une des plus vastes explorées en Europe de ce type de site, avec le site homologue de Villeuneuve-Saint-Germain, localisé à une cinquantaine de kilomètres en aval, fouillé sur environ 3 ha.


Les vestiges de cet habitat consistent en palissades et bâtiments sur poteaux et/ou tranchées, dont ne subsistent que les fondations, ainsi que de nombreuses fosses de type silo, puits, fosses d'extraction de matériaux parmi celles dont les fonctions sont les plus évidentes. L'occupation de l'espace s'articule en voies de circulation parallèles, encadrant des espaces lotis. Les sols d'occupation ont disparu, érodés par les activités agricoles postérieures à l'occupation. Le mobilier détritique provient intégralement de ces fosses et atteste d'une installation humaine stable (bâtiment d'habitation et de stockage, grande quantité de rejets) et d'activités artisanales diverses dont la métallurgie du bronze et du fer. L'analyse d'assemblages mobiliers a pu de mettre en évidence une occupation synchrone et de courte durée ; l'occupation du site se développe sur une trentaine d'années, à la charnière entre le IIème et le Ier siècle avant notre ère. Ainsi, l'habitat semble fondé de toutes pièces et intégralement occupé
aux environs de -120/-110 puis rapidement abandonné aux environs de -90/-80
avant notre ère. La bonne lisibilité des structures sur le substrat graveleux, une vision extensive bien qu'incomplète de l'habitat, la nature variée des activités pratiquées et la durée assez courte dans laquelle s'inscrit cette occupation a permis de mener une étude sur l'organisation spatiale sectorielle d'un secteur particulier. L'analyse de la répartition spatiale des structures immobilières et des déchets abordés dans une perspective fonctionnelle a permis de dégager un modèle partiel pour les stratégies de rejet et de mettre en évidence les grands traits de l'organisation fonctionnelle d'un quartier de l'oppidum dont l'activité dominante est la métallurgie.

On montre notamment qu'au-delà de la distinction entre espaces de circulation et espaces à vocation sédentaire, il existe une forte différenciation entre ces derniers, différenciation qui tient principalement à leur spécialisation fonctionnelle.
 

 

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