Au cours du temps

Période
Age des Métaux

La période de la Tène

 

 

 

 


Plan du site

 

  Dessins de profil de vases 

Bazoches-sur-Vesle "les Chantraines"

L'établissement rural aristocratique de La Tène D1

 

Le site est situé à proximité immédiate du village de Bazoches-sur-Vesle, vers l’Ouest, sur une terrasse alluviale de la rive droite de la Vesle. La rivière, qui forme à cet endroit un vaste méandre, borde la parcelle au Sud. Un gué existait avant le curage récent de la rivière, juste en face du site.

Les structures rencontrées sont de divers types : fossés, palissades, fosses et bâtiments. Parmi elles, un ensemble cohérent a pu être mis en évidence. Il s'agit d'un établissement rural de La Tène D1a, entouré d'un enclos fossoyé, avec des fossés de partition internes et des bâtiments. Autour, un réseau de fossés se développe, surtout vers le nord et l'est. L'enclos principal orienté Est-Ouest, délimite un espace de 1,75 hectare. Le positionnement de l'enclos dans l'espace n'est pas aléatoire, mais répond à un déterminisme environnemental. L'enclos a, en effet, soigneusement évité les zones limoneuses plus humides au Nord et au Sud, pour occuper le secteur de grève affleurante au centre de l'emprise du projet. Le fossé méridional marque la limite entre les deux substrats. La partie septentrionale, elle, empiète légèrement sur la zone limoneuse.


L'espace interne de l'enclos est divisé en trois entités par deux fossés de partition orientés globalement Nord-Sud. Le compartiment oriental mesure 8 070 m2. Il est occupé par quelques bâtiments, dont une habitation probable située en vis-à-vis d'une entrée monumentale. Le compartiment central, d'une surface de 5 200 m2, est délimité par deux fossés. Il est occupé par plusieurs bâtiments, un système de partition secondaire et par des aménagements en chicane menant à l'entrée monumentale. Enfin, le compartiment occidental, d'une surface de 4 200 m2 à l'Ouest a livré plusieurs greniers et un grand bâtiment, probablement d’habitation. L'occupation interne de l'enclos semble s'organiser selon un axe longitudinal central, formé par l'alignement des deux grands bâtiments et de l'entrée monumentale. Une seule entrée, de 6,50 m de largeur, a été identifiée à l'Ouest par simple interruption.
Une structure remarquable, à l'architecture très différente des bâtiments oriental et occidental, peut s'apparenter à une tour. Cet imposant bâtiment de plan carré ajoute à l’ensemble une "dimension" ostentatoire. Au sein de la culture matérielle, le site se caractérise par une forte représentation de la céramique tournée, l'importance des boeufs, des chevaux et des porcs. Des activités sidérurgiques de post-réduction (forge) ont clairement été identifiées. La pratique de la mouture est attestée par les meules rotatives et les broyons.

Des pratiques de repas communautaires sont clairement identifiées grâces à certains stigmates de bris volontaires de cols d'amphores, pratiques mises en relation avec l'organisation des banquets de l'aristocratie gauloise. Des pratiques cultuelles et/ou rituelles sont nettement perceptibles à travers l'assemblage de certaines ossements d'animaux et la présence d'ossements humains.

Le site a livré un certain nombre d'indices qui tendent à prouver que celui-ci correspond à un rang supérieur dans la hiérarchie des habitats et qu'il convient de le considérer comme une résidence aristocratique : dimension exceptionnelle, monumentalité de l'entrée et des bâtiments (grandes habitations, probable tour), organisation interne complexe, qui structure l'espace et, sans aucun doute, le hiérarchise, objets liés à la pratique du banquet (anneau de suspension d'un chaudron de très grande taille et amphores gréco-italiques, dont certaines présentent des traces de bris volontaire en association avec une destruction de meules), présence de nombreuses monnaies, dont un denier républicain en argent, proportion non négligeable des ossements de chevaux et pratique attestée de l'hippophagie, proportion importante de céramique tournée avec
au moins deux imitations régionales tournées de céramique campanienne.

L'ensemble des analyses mobilières permet de proposer une fondation du site aux environs de -150/140 et un abandon vers -110/100 avant notre ère, soit une occupation sur deux générations.

 

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