Au cours du temps

Période

Néolithique

 

Plan et photo de la tombe 

 

Mobilier en silex 

 

Objets en bois de cerf 

 

Coupe de la fosse sépulcrale

 

Vase campaniforme 

>Voir d'autres vases 

 

Ciry-Salsogne “la Bouche à Vesle”
La sépulture campaniforme 

 

Le site protohistorique de Ciry-Salsogne situé à proximité de la confluence entre la Vesle et l’Aisne a livré une tombe datée de la période Campaniforme (2574–2452 BC).

 

Au décapage, la forme de la fosse ne la distinguait pas des silos protohistoriques qui l'entouraient. La moitié sud, ouverte mécaniquement, a mis au jour un squelette humain à 0,65 m de profondeur. En l'absence d'indice préalable de la présence d'une tombe, la partie gauche du squelette, ainsi qu'un poignard en silex qui l’accompagnait, ont été emportés par le godet de la pelle hydraulique (mais heureusement récupérés). La moitié nord de la structure, restée intacte, a été fouillée manuellement.

 

Les dimensions de la sépulture sont supérieures à ce qui était observable en surface, en raison d’un comblement constitué de grève mélangée à sa périphérie. La longueur de la fosse sépulcrale atteint ainsi 2,60 m, pour une largeur reconstituée d’environ 2 m. Sa profondeur est conservée sur 0,70 m sous la surface de décapage. La fosse est strictement orientée est/ouest. Le défunt a été déposé en son centre, mais légèrement décalé par rapport à son grand axe et se trouve ainsi orienté est-sud-est / ouest -nord -ouest.

 

Malgré l'absence d'observation sur la partie gauche du squelette, l'analyse montre que le corps reposait en décubitus dorsal, les membres inférieurs fléchis et les genoux redressés. Les membres inférieurs se trouvaient donc dans une position relativement instable au moment du dépôt. Toutefois, rien ne permet d’envisager l’existence d’éléments périssables ayant assuré leur maintien : rien n'indique la présence de liens ou d'une enveloppe ayant enserré le corps et l’on n’observe aucun effet de paroi sur le squelette. L'analyse des profils de comblements montre une structuration complexe de la fosse avec des aménagements de petites banquettes et la présence d'éléments en matériaux périssables sur les parois, éléments distants d'une trentaine de centimètres des parois de la fosse sépulcrale, maintenus par des renforts disposés à l'extérieur du volume sépulcral.

 

La sépulture campaniforme de Ciry-Salsogne témoigne donc d'une structuration interne complexe, dans une fosse sépulcrale surdimensionnée. Au vu des éléments que nous sommes susceptibles de reconstituer, il ne s'agit pas d'un coffre, c'est-à-dire d'un contenant amovible, mais bien plutôt d'aménagements construits dans la fosse sépulcrale.

Le défunt, un jeune adulte masculin âgé de 20 à 22 ans3, est accompagné d’un vase et d'un briquet en silex situés au niveau de la cuisse droite, auxquels s'ajoutent un éclat brut en silex sous le coude droit et un objet en bois de cerf situé entre le coude et l’hémi-thorax droits. Seul le poignard en silex a été déposé à la gauche du défunt.
Le gobelet est composé d’une répétition de lignes horizontales doubles imprimées à l’aide de deux cordelettes en sens inverse. De part ses caractéristiques stylistiques et techniques, le gobelet de Ciry-Salsogne renvoie à un groupe intermédiaire entre la Culture des Sépultures Individuelles (Single Grave Culture) et le Campaniforme vrai.
Le mobilier lithique est composé de deux outils et d'un éclat brut. Le poignard présente des stigmates d'un objet utilisé/manipulé d'après l'émoussé de l'arête supérieure et les retouches secondaires des bords. La position d'origine du poignard n'a pas pu être observée à l'inverse des autres éléments accompagnant le défunt. Cet assemblage lithique présente des caractéristiques qui renvoient au domaine cordé de la basse vallée du Rhin et l'on ne compte guère pour le Bassin parisien que les sépultures de Jablines "le Haut Château" et de "La Folie" qui offrent des comparaisons directes pour le mobilier lithique.

 

L'industrie osseuse est représentée par une pièce complète longue et arquée issue d’un segment de merrain de bois de cerf. Cette pièce n’a pas d’équivalent connu.
La découverte de la sépulture de Ciry-Salsogne a livré des informations importantes, tant sur l’architecture de la tombe, que sur les gestes funéraires ou sur le mobilier associé au défunt. Les sépultures de Mondelange, en Moselle et celles d’Altwies au Luxembourg offrent des éléments de comparaison pertinents. Pour le mobilier, la tombe de Jablines (Seine-et-Marne) et celles de la Folie sont les exemples qui se rapprochent le plus de Ciry-Salsogne. Quelques exemples plus récents ont à nouveau mis en évidence des éléments architecturés au sein des fosses ; cela semblerait donc être une composante caractéristique des tombes campaniformes.

 

 

Page générée en 0.049 seconde(s)