Au cours du temps

Période

Néolithique

 

décapage d'une portion
      de l'enceinte double

 

exemples de vases
      et statuette en terre cuite

 

Statuette féminine en terre cuite

Maizy "les Grands Aisements"

l'enceinte double du Michelsberg (4200-4100 avant notre ère)

 

Dans l’histoire du sauvetage des sites menacés de destruction dans les carrières de sables de la vallée de l’Aisne, la fouille de cette enceinte, en 1983, est le premier exemple d’opération archéologique réalisé dans le cadre d’uneconvention signée avec l’aménageur et partiellement financée par celui-ci.


L’enceinte de Maizy "les Grands Aisements" est composée de deux larges fossés parallèles (5 à 8 m de large) et d'une palissade interne, appuyés sur les bords du talus qui définit le lit mineur de l’Aisne à cet endroit. Un vaste système de méandre dégage ainsi, aux pieds du site, une large plaine humide; cette situation bien précise semble avoir été largement recherchée car on la retrouve dans la localisation de très nombreuses enceintes de cette période.


Comme souvent avec ce type de site sans trace interne d’habitat, les fossés ont recueilli des rejets détritiques importants, de part et d’autres des principaux passages à travers l’enceinte. Outre les restes de poteries, les outils usagers et déchets de fabrication en silex, les restes osseux d’animaux consommés, on note la présence de trois petites statuettes en terre cuite. L’une d’elle, malgré sa tête manquante, est parmi les plus complètes qu’on connaisse en France pour cette lointaine époque. Ces figurines perpétuent l’idéologie néolithiquetraditionnelle, avec ses représentations majoritaires de la femme, alors même que la société dans son ensemble paraît se transformer en se complexifiant.


L'étude des vestiges osseux, qui permet de déterminer les périodes d'abattage des animaux, suggère l'hypothèse d'une occupation saisonnière du site, plus intense entre printemps et automne.


L’analyse morphologique des vases en céramique montre une bonne proximité avec le Michelsberg ancien rhénan en général, et sur certains traits importants avec l’ensemble archéologique de Noyen-sur-Seine (Seine-et-Marne).
Une distinction nette semble exister avec la céramique de Bazoches-sur-Vesle (au moins dans sa phase initiale) qui présente les caractères réputés les plus anciens dans les ensembles michelsberg connus : ces sites se différencient en effet autour d’une opposition “globulaire/ovoïde” des volumes de panse de leurs vases-à-col dits tulipiformes. Cette interprétation chronologique sort renforcéed’une confrontation avec le Rössen tardif-post-Rössen, précédant le Michelsberg, dont l’une des classes morphologiques dominantes se retrouve en beaucoup plus forte proportion à Bazoches-sur-Vesle qu’à Maizy ou à Noyen-sur-Seine.


Si donc l’enceinte de Maizy a été, d’après les  caractéristiques des rejets qui y sont retrouvés, l’oeuvre d’un groupe humain culturellement rattaché à ce qu’on nomme le Michelsberg ancien, elle n’en constitue pas pour autant les premiers feux de cette période archéologique particulière. L’enceinte de Bazoches-sur-Vesle "le Muisement" et le monument funéraire de Beaurieux "la Plaine" pourraient bienl’avoir précédé de plusieurs décennies, dès l’extinction culturelle du Style de Menneville (Berry-au-Bac "la Croix Maigret", Osly-Courtil "la Terre-Saint-Mard"). 

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