Au cours du temps

Période
Néolithique

 

 

  Plan du site

  


Coupe du fossé d'enceinte

 


Exemple de dépôt de vases 

  

Assemblage de vases Michelsberg

Voir d'autres vases  

 Bazoches-sur-Vesle "le Muisemont"

Les enceintes « michelsberg » de Bazoches-sur-Vesle

 

Achevée fin 2003, cette fouille constitue l'une des plus grosses opérations de sauvetage préventif sur ce type de site. Constituée d'une série de quatre à cinq fossés concentriques et d'une ou deux palissades intérieures, "l'enceinte" de Bazoches-sur-Vesle a été construite dans les derniers siècles du cinquième millénaire avant J.-C. Elle représente une surface maximale de plus de 9 ha et l’espace enclos par les premières palissades intérieures (nécessitant environ 600 arbres) couvre 5 hectares. L’ensemble est protégé au Sud par un vaste marécage dont on a pu retrouver les limites néolithiques et que longent une ou deux palissades seulement. Les 3500 m de fossés et 1500 m de palissades ont été quasi entièrement décapés et relevés, puis fouillés de manière systématique. Si de nombreux vestiges parsèment l'enclos intérieur (Néolithique ancien et récent, Ages des métaux, Gallo-romain et moderne), aucune installation tangible ne peut être rapportée à la période de l'enceinte. L’enclos lui-même a fait l’objet de trois grandes étapes d’élaboration, dont la dernière ménage dans la partie septentrionale du site, une vaste excroissance de plus d’un hectare.
Au cours de cette évolution et de ces transformations, la plus grande partie du projet initial semble respectée : la localisation des accès à l’intérieur de l’enceinte sont ainsi globalement pérénisés tout au long de ce processus et, singulièrement, les cinq principaux reconnus. Ces passages sont remarquables par les rejets détritiques massifs qu’ils ont canalisé vers les fossés qui les bordent, mais aussi par l’organisation du site qu’ils dévoilent ; orientés plein Nord, à l’opposé du marais, et opposés deux à deux dans l’axe local de la vallée, ils suggèrent bien la position focal d’un tel site dans le territoire qui l’environne.


Les vestiges mobiliers sont très abondants, notamment les restes en silex et en céramique. Ils illustrent globalement les débuts du Michelsberg et témoignent des origines au moins partiellement occidentale de ce vaste ensemble culturel nord-ouest-européen qui succède au Rössen et au Cerny. Près d’une tonne de fragments de poteries ont ainsi pu être recueillis, correspondant à plusieurs milliers de vases cassés lors des différents moments d’occupation. Dans les secteurs de rejet et de dépôt les plus riches, ces vestiges constituent des assemblages dont les caractéristiques donneront des réponses chronologiques et fonctionnelles sur l’utilisation d’un tel site. Plusieurs dizaines de vases et quelques ramures de cerfs ou bucrânes de bovidés (aurochs et vaches/taureaux) déposés de façon isolée dans les fossés suggèrent également des dépôts intentionnels à caractère symbolique.


Près d’une vingtaine de sites globalement contemporains sont connus dans les vallées de l’Aisne et de la Vesle et l’enceinte de Bazoches reste unique par sa taille, sa complexité et la richesse de ses vestiges mobiliers. Il est clair qu’il ne s’agit pas d’un site d’habitat commun, mais d’un site à vocation particulière, peut être cérémonielle, utilisé par un ensemble de communautés villageoises alentours : c’est du moins une hypothèse que le travail à venir s'efforcera d’argumenter solidement.

 

 

 

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