Au cours du temps

Période
Néolithique

 

 

 

Plan du site 

 

Exemple  de dépôt associé
     à une inhumation dans l'enceinte

 

 

 

Groupe de vases 

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Menneville "Derrière le Village"

 

Le site du Rubané récent du Bassin parisien

 

Le site néolithique de Menneville "Derrière le Village" situé à une cinquantaine de kilomètres de Soissons est implanté sur la rive droite de l'Aisne, en Champagne. Bien que l’on soit vraisemblablement au cœur du village, il n’a pas été possible d’en cerner les limites. La fouille a livré les témoins de 8 maisons du Rubané Récent du Bassin Parisien, 17 sépultures et une enceinte partiellement découverte et fouillée.


Le site est situé sur la dernière terrasse non inondable. L'habitat est constitué en l'état actuel des connaissances de huit maisons, toutes orientées est-ouest et en majorité bordées de fosses latérales. Les fosses de construction des bâtiments ainsi que les neuf fosses isolées disséminées dans le site ont livré du matériel détritique en abondance. Parmi les douze sépultures répertoriées au sein même du village, les enfants sont largement représentés. Ils sont situés à proximité de la paroi sud des maisons, sept d'entre eux exactement à l'est de la deuxième tierce à partir de l'arrière de l'habitation et  ce trait du rituel semble se répéter sur deux autres sites dans la vallée de l'Aisne, notamment à Cuiry-lès-Chaudardes. Trois adultes sont en position repliée.
Au sud-est de cet ensemble, sont regroupées huit tombes dont cinq d'adultes en position repliée, pour la plupart ocrées, et contenant du matériel funéraire (vases et parures).


Une enceinte de 1020 m de long encercle le village. Les segments de fossés sont profonds (jusqu'à 1,80m) et les coupes transversales montrent un profil en V et en U. Trois grandes couches stratigraphiques ont été identifiées, dont la plus profonde contient 15 inhumations. La plupart des squelettes sont situés dans trois segments voisins. Onze sont des enfants (7 entiers, 4 incomplets) en position non codifiée. Deux adultes isolés sont repliés sur le côté. Très peu de mobilier céramique ou lithique est associé à ces sépultures. Les rares tessons recueillis au fond du fossé sont datés du Rubané Récent de Bassin parisien et s'inscrivent dans la phase récente du Rubané Récent du Bassin Parisien.

Par contre des morceaux de viande leur étaient associés, Il s’agit des reliefs de repas particuliers, issu de la consommation de deux espèces : des bovins et des moutons (ou chèvre). Les os de bovins consistaient en morceaux débités, comme s’il s’agissait de rejets détritiques, alors que ceux des caprinés étaient en connexion, correspondant à un geste de dépôt. Des chevilles osseuses et des bucranes de bovidés intacts ont été déposés dans les fossés de l’enceinte et confirment la place symbolique importante de ces trophées au Néolithique.
La technique décorative la plus fréquente est l’impression au peigne à trois dents. Les peignes à deux, quatre et cinq dents sont rares, et les impressions au poinçon sont absentes. A l’exception du peigne à deux dents, l’impression pivotante est toujours utilisée. Les thèmes du décor principal sont dominés par des bandes verticales au peigne, ou combinent peigne et lignes incisées. Il y a quelques exemples de décors incisés en bande verticale et en “V” inversé. Ces caractéristiques sont communes à la céramique issue du fossé et des sépultures.
De plus, plusieurs tessons de la céramique du Limbourg ont été répertoriés dans quelques fosses. Un fragment de bracelet en céramique décoré de deux lignes incisées peu profondes provient d'une fosse.
Parmi le lithique en relative faible quantité, on note la domination du silex noir turonien (Crétacé), sur les silicifications tertiaires. La présence de ce matériau montre qu'il s'agit d'un approvisionnement en matières premières locales issus des formations fluviatiles. Les éléments exogènes sont rares. Les supports laminaires sont nombreux (lames courtes et étroites). L’outillage est diversifié, mais il est composé en majorité de grattoirs et de faucilles.


La faune issue de l’habitat (les maisons) est composée d’animaux domestiques : vaches, taureaux, moutons, chèvres, porcs, ainsi que des animaux sauvages : cerfs, aurochs, chevreuils, sangliers. Cette faune liée à la domesticité se distingue de celle du fond du fossé rubané exclusivement représentée par des animaux domestiques.

 

Menneville est un site clef pour la compréhension du Rubané Récent du Bassin Parisien, avec un village de huit maisons et des ensembles funéraires exceptionnels. Notre connaissance du rituel funéraire rubané s’en trouve considérablement enrichi. En effet, à Menneville, le nombre important de tombes d’enfants proches des parois sud des maisons permettent de dégager une règle de localisation de ce type de sépultures et par ailleurs, le regroupement de tombes d’adultes au sud-est du village peut être considéré comme un cimetière. Mais, c’est surtout à l’échelon européen que se situe l’approfondissement du savoir, car une enceinte contenant des inhumations est un cas rarissime dans le Néolithique. Il y a dix ans, sous la menace de destruction, 20% du fossé a été fouillé. Le reste du site fera l'objet d'une fouille programmée dans un futur proche, car des constructions sauvages se sont implantées en toute illégalité au milieu du site et menacent maintenant de destruction totale ce patrimoine mondial.

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