Au cours du temps

Période

Néolithique

 

Portion de fossé d'enceinte
et de la palissade interne

 

Plan de l'enceinte de  
     Berry-au-Bac
     "la Croix Maigret" 

 

Vue aérienne de l'enceinte

 

Exemples de vases
     du "style de Menneville" 

 

Berry-au-Bac "la Croix Maigret"

Un village “fortifié” de la fin du Rössen (4400-4300 avant notre ère)

 

Repéré en prospection aérienne dès 1976 par M. Boureux et menacé par un lotissement, le site néolithique de Berry-au-Bac “la Croix-Maigret” a fait l’objetd’une fouille archéologique de 1978 à 1981, sur toutes ses composantes, du rubané au Gallo-romain.


L’enceinte de la fin du Rössen mesure 130 mètres de diamètre ; le fossé, large de 3 à 4 mètres, est profond de 1,50 mètre. Plusieurs centaines de troncs d'arbres ont été nécessaires pour ériger la palissade, qui pouvait atteindre 3 mètres de hauteur. Des constructions de ce type nécessitent donc l'emploi d'une main-d'œuvre abondante, mobilisée pour réaliser un travail collectif.


Des maisons carrées ou rectangulaires sont bâties à l'intérieur de l'enceinte, selon des normes architecturales différentes de celles du monde danubien. La plus grande(20 m x 10 m) ne montre ainsi, malgré sa grande largeur, qu’une seule rangée axiale de poteaux interne en soutient de la toiture. Cette diminution, par rapport à l’architecture danubienne, du nombre de poteaux porteurs, et l'augmentation concomitante de la largeur des bâtiments, supposent l'utilisation de techniques nouvelles pour l'assemblage des charpentes : tenon et mortaise, chevillage... Cette grande maison représente une sorte de prototype des bâtiments qui se développeront plus tard, notamment à Mairy (Ardennes).


La poterie domestique, à panse globulaire aplatie et col concave, est décorée de lignes et de triangles poinçonnés ou incisés dans la pâte fraîche et de petites pastilles d'argile collées ou cloutées sur le col des vases ou repoussées depuis l’intérieur. Des plats circulaires en terre cuite permettent la cuisson de galettes de céréales. Les tailleurs de silex produisent encore des grandes lames mais fabriquent surtout des outils sur éclats.


L’outillage en bois de cerf complète l’outillage traditionnel en os : par exemple les pics, qui présentent une perforation pour y fixer un manche et les gaines de hache, qui permettent d’enserrer solidement la lame. L'élevage connaît des transformations importantes. Le porc est devenu très important (plus de 40% du bétail), mais le boeuf reste cependant encore légèrement majoritaire.

Les données contextuelles (répartition spatiale et stratigraphique, assemblage) indiquent une évolution stylistique rapide entre la phase d’installation du site et celle de pleine utilisation. Le style céramique initial, issu d’impacts du Rössen récent rhénan sur un fond “Cerny” local, se développe rapidement en une production apparentée au Rössen tardif, connue sous l’appellation “Style de Menneville” ; elle correspond vraisemblablement à une phase récente du Bischheim rhénan et aux tout débuts des groupes post-Rössen de l’Allemagne du sud-ouest et de l’Alsace.

Cette courte période (moins d’un siècle ?) voit l’arrivée, dans d’autre régions du Bassin parisien, d’influences méridionales répertoriées sous le nom de Chasséen (Yonne, Paris-Bercy, Oise). Cette nouvelle composante participera à la mise en place, dans le Bassin parisien, de faciès stylistiques du Néolithique moyen localisés selon les traditions culturelles et les flux d’interaction existants. Le Michelsberg ancien qui succède au Rössen tardif est, dans la vallée de l’Aisne, le produit de cette histoire complexe.

Exemples de vases
     du Bischheim rhénan

  Un pic en bois de cerf
 

Page générée en 0.04 seconde(s)