Au cours du temps

Période

Néolithique

 

Plan général du site

 

Décapage de 1982

 

Vue aérienne du décapage en 1982 

 

2 maisons après les fouilles

   

Plan de la maison 690

 

Vue aérienne
     des maisons 225 et 245
 

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Vue du site dans
      son environnement actuel 

 

Reconstitution d'une maison
sous la neige

 

Cuiry-lès-Chaudardes "les Fontinettes"

 

Le site néolithique Cuiry est localisé sur la rive droite de l'Aisne. Il s'intègre dans un réseau de distribution linéaire d'habitats qui appartiennent au "Rubané Récent du Bassin Parisien". Cette période terminale de la culture "Rubané" couvre environ deux siècles vers 5000 cal.B.C. Celle-ci est la plus ancienne culture néolithique de l'Europe centrale, dont la répartition sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés est classiquement interprétée comme résultant d'une lente colonisation par des populations agricoles au cours de la deuxième moitié du 6ème millénaire. Le Bassin parisien en constitue son extension la plus occidentale.

La fouille du site a été menée à partir de 1972 et durant trois décennies dans le cadre d'une programmation annuelle.
Au total, trente-trois maisons, cent vingt-six fosses et quatre sépultures ont été découvertes sur une surface de 6 ha fouillés. Il s'agit d'un établissement de taille importante à l'échelle de la région ; en effet, excepté le site de Menneville "Derrière le Village", les cinq autres sites contemporains dont la superficie nous est connue ne dépassent pas 1,8 ha.

L'implantation des maisons néolithiques dans le village suit un schéma d'organisation précis, le noyau fondateur s'installe à l'Est puis l'habitat se développe vers l'Ouest. Au sein de ce schéma de développement, cinq phases de construction du village comportant au minimum cinq maisons ont été distinguées, ces habitations étant assez espacées les unes des autres.


Selon une estimation du nombre d’habitants par maison, la taille du hameau variait entre soixante et quatre-vingt dix personnes environ. D'après les études du décor des récipients en céramique (2000 vases), la durée d'occupation du village couvrirait une centaine d'années. L'analyse des ossements issus de repas quotidiens (60 000 restes) a montré qu'au-delà du régime alimentaire habituel constitué principalement de viande de bovins, de moutons et de porcs, mais aussi de gibier (cerf, chevreuils, aurochs, sanglier, castor pour ne citer que les principaux), il existait des disparités dans la consommation entre certaines maisons. Ainsi, les maisons de grande taille témoignent d'une consommation d'animaux domestiques plus élevée que les maisons de petite taille, qui elles, sont davantage tournées vers la consommation du gibier, en particulier du sanglier. Ces petites maisons particulières sont systématiquement localisées dans la partie occidentale du village. Ces caractéristiques, mises en évidence à Cuiry-lès-Chaudardes, sont récurrentes pour une partie d'entre elles sur les autres sites d'habitats néolithiques de la vallée de l'Aisne. Des différences sont aussi perceptibles dans la composition du matériel de mouture entre les maisons, chaque habitation est propriétaire d'un "kit" minimal (meules, molettes pour fabriquer de la farine par exemple, broyon pour écraser des substances végétales etc…), mais certaines maisons affichent des spécificités liées à ces activités.


L'analyse systématique de l'ensemble des autres vestiges et le croisement des informations obtenues permettra de porter un regard nouveau sur la compréhension de l'organisation d'un village représentatif de la culture Rubanée.

Les informations relatives à l'environnement naturel du site sont lacunaires compte tenu de la mauvaise conservation des restes végétaux. Cependant, des études palynologiques ont démontré que la plaine alluviale était occupée par une forêt mixte, composée d'ormes, de chênes, de tilleuls et de noisetiers. Les principales activités agricoles se déroulaient en périphérie immédiate du village comme en témoignent des traces de brûlis découvertes au nord-ouest de l'habitat. En complément de ces terres défrichées, les terres épisodiquement inondées constituaient de vastes pâtures propices à l'élevage du grand bétail.


L'étude de la faune a démontré l'existence de grands troupeaux, ce que l'implantation des villages en zone peu accidentée favorise. Les matières premières minérales (silex, grès, calcaire) et la parure en coquillage retrouvées à Cuiry-lès-Chaudardes, n'ont pas été récoltées de manière opportuniste, mais correspondent à une exploitation raisonnée du territoire local et régional. Certains objets plus rares indiquent des réseaux d'échange sur de longues distances et des liens privilégiés avec la Belgique ainsi qu'avec le littoral Atlantique par exemple.

 

Au total, les fouilles ont mis au jour trente-trois maisons, cent vingt-six fosses et quatre sépultures. Les deux tiers des fosses sont situés le long des parois longitudinales des maisons.

 

Les bâtiments de Cuiry-lès-Chaudardes présentent des plans relativement lisibles qui correspondent au modèle classique du Rubané : de forme rectangulaire ou légèrement trapézoïdale, comportant cinq rangées longitudinales de poteaux et bordés de fosses latérales. Leur orientation est approximativement est-ouest.

 

Les dimensions varient en largeur de 5 à 8 m, et en longueur de 8 à 37 m. Quelles que soient leurs dimensions, les bâtiments présentent une subdivision tripartite de leur espace interne avec d'est en ouest, les parties avant, centrale et arrière. On note la présence d'un "couloir" formé de deux rangées rapprochées de poteaux qui sépare la partie centrale de la partie arrière. Les maisons les plus longues sont parfois caractérisées par la présence d'une tranchée de fondation autour de la partie arrière. Les grandes fosses latérales font partie intégrante de la tradition architecturale du Rubané. Selon toute vraisemblance, elles ont initialement été creusées au moment de la construction de la maison, lors de la préparation du torchis pour les murs, puis utilisées comme réceptacles pour les déchets domestiques (poubelle). Elles fournissent, en effet, la très grande majorité du mobilier découvert sur le site : ossements d'animaux (environ 60000 restes), vestiges de la consommation carnée, fragments de récipients en céramique (plus ou moins 50000 tessons représentant 2300 vases), pièces lithiques, en silex et en grès.

 

Maquette d'habitations 

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Plans des maisons 380 et 690.
En noir : trous de poteau et tranchées de fondation ; en grisé : fosses. La position du "couloir" est indiquée par les hachures

Plan d'ensemble des maisons du site



Vase rubané

 

Planche de vases rubanés

 

Vase décoré au peigne

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La céramique

 

On distingue les grands récipients dont la pâte contient presque toujours un dégraissant ajouté et qui présentent parfois un décor modelé.

Une deuxième catégorie correspond à des petits vases de finition plus soignée, sans dégraissant ajouté dans la majorité des cas, dont environ la moitié est décorée de motifs incisés ou imprimés.

Les impressions ont été réalisées à l'aide de poinçons ou plus souvent de peignes, instruments dentelés comportant de deux à cinq dents. Une troisième catégorie, nettement moins fréquente, est représentée par une poterie nommée " céramique du Limbourg" qui semble constituer une tradition technique et stylistique très originale.

 

La faune

 

Les données archéozoologiques sont exceptionnellement riches. Les fosses latérales ont fourni presque soixante mille restes osseux, dont plus de quinze mille ont pu être identifiés . Il s'agit du plus grand corpus de faune actuellement disponible pour un site rubané. Une vingtaine d'espèces sont attestées.

Les animaux domestiques (boeuf, caprinés, porc) représentent environ 80% des restes, parmi lesquels le boeuf domine. Les principaux animaux sauvages représentés sont par ordre d'importance : le cerf et le sanglier, suivis par le chevreuil et l'aurochs. Des ossements de castor sont assez fréquents ; on peut signaler la présence de quelques restes de poisson.
L'étude de la fréquence des espèces entre les habitations et les phases d'habitat offre des résultats particulièrement intéressants. La fréquence des animaux chassés, notamment le cerf et le sanglier, diminue au fur et à mesure de l'occupation du site. De plus, on observe une relation entre le taux d'animaux sauvages et le type de maison. L'analyse des ensembles en fonction du rapport animaux sauvages/animaux domestiques montre que les taux les plus élevés d'ossements d'animaux domestiques (dépassant 90%) se trouvent de préférence associés aux grandes maisons de plus de 15 m de long, alors que les taux les plus hauts d'animaux sauvages (dépassant 24%)
sont issus en majorité des petites maisons de moins de 15 m.

Enfin, les maisons présentant une forte proportion d'animaux chassés sont plutôt situées à la périphérie du site, notamment dans le secteur nord-ouest.


Les pièces lithiques en silex et en grès. Parmi la grande variété de pièces lithiques, en silex et en quartzite, on retrouve des outils tels que les armatures de faucilles, les pointes de flèches.

Spacialisation de la faune
      suivant les phases
      d'habitation et les espèces

Etat de conservation
du mobilier osseux
Exemples d'os sectionnés

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