Au cours du temps

 

 

 

 

 

La période Néolithique moyen
de 5300 à 4500 ans avant notre ère
 

Les bâtisseurs d'enceintes du Néolithique moyen
-Chalcolithique ancien-

 

L'expansion du mode de vie néolithique dans le Bassin parisien au cours du V° millénaire avant Jésus-Christ correspond à une mainmise croissante sur les potentialités du territoire. Comme dans une grande partie de l'Europe nord-occidentale, elle entraîna la formation d'une variété de sites, répartis dans le paysage et inscrits dans une complémentarité économique et sociale plus élaborée qu'auparavant. Elle se traduit notamment par une forme de hiérarchie d’établissements autour de plusieurs types d’installation.

 

Dans la plaine, des villages ouverts…

 

Ce sont parfois de simples hameaux, comme à Cuiry-lès-Chaudardes "les Fontinettes" , caractérisés par de nombreux creusements aux fonctions multiples - dont l’ensilage des grains - et parfois délimités par une palissade. A leur côté existe une autre forme d'implantation plus fugace, quelques fosses seulement et des rejets domestiques peu abondants, suggérant une implantation de courte durée pour un très petit groupe : comme peut-être à Cuiry-lès-Chaudardes "la Croix Blanche”, à Vasseny ou à Limé.

 

 

…et deux catégories de fortifications

 

Dans les mêmes aires géographiques se dresse également un ensemble d’enceintes ou “fortifications”, parfois puissantes et complexes.

Composée d'un ou de plusieurs fossés (Berry-au-Bac, Bazoches-sur-Vesle et Maizy), aujourd'hui comblés, et doublé(s) d'une palissade interne, l'enceinte de plaine délimite un espace d'un à plusieurs dizaines d'hectares. La palissade forme un mur de poteaux souvent taluté par les matériaux extraits des fossés. Ces derniers, de largeur et profondeur variables selon les sites, sont composés de segments séparés par de courtes interruptions formant parfois de véritables accès à l'espace intérieur. Des observations de plus en plus nombreuses suggèrent que le tracé des fossés ne résulte pas d’une seule et même opération strictement coordonnée, mais plutôt d’un processus cumulatif étalé dans le temps et régit par des règles sociales encore peu définies.
Dans de rares cas, des traces d'habitat sont attestées à l'intérieur ; mais le plus souvent on n’y relève aucune preuve tangible de constructions durables. Dans tous les cas, les fossés ont pourtant servi de dépotoirs, mais aussi de réceptacle à des dépôts de vases et d’outils, de matière première ou de parties anatomiques animales sélectionnés lors de pratiques apparemment non domestiques : c'est le cas notamment à Bazoches-sur-Vesle.

De larges rassemblements périodiques, à caractère cérémoniel, expliquent peut-être ces rejets particuliers retrouvés principalement sur quelques sites, grands et complexes. Les autres enceintes, fruits d'un investissement plus limité et peu concernées par ce type de pratiques, forment un maillage plus dense définissant l’unité territoriale de base.

 

…sur les hauteurs, des remparts.

 

Au bord des plateaux et dominant les vallées, des sites naturellement protégés ont été aménagés par des remparts : le plus souvent un talus artificiel adossé à une palissade et surplombant un fossé. Quoique mal connus, ils témoignent d'un élargissement des domaines d'exploitation agro-pastorale et d'une prise de possession nettement affirmée de ces nouveaux terroirs.

 

Une société qui marque des différences.

 

La diversité reconnue est à la fois qualitative et quantitative et nous permet d'envisager une forme de hiérarchie fonctionnelle entre les sites : aux hameaux se superposeraient des enceintes “simples”, aux fonctions socio-économiques locales (abris, lieux de rassemblement temporaire) ; au niveau supérieur se trouveraient les enceintes “complexes”, à rôle cérémonial supra-local pour un large ensemble de communautés villageoises ; les sites de hauteurs seraient quant à eux les points d’ancrage du front pionnier local de mise en valeur des plateaux.
Le domaine funéraire enrichit largement cette problématique. Les tombes “monumentales” de Beaurieux illustrent en effet, par le traitement particulier de certains individus qu’elles révèlent, l’accroissement des différences de statut qui parcourent désormais la société ; la question d’une forme de hiérarchie se pose à cette période. A leurs côtés, les tombes de Cuiry-lès-Chaudardes paraissent étonnament frustres. Elles peuvent représenter le traitement funéraire d’individus appartenant à une strate sociale inférieure ou simplement de statut secondaire.

 

 

L'évolution culturelle après le Cerny

Le Rössen tardif (4400-4300)

 

Au moment où le groupe de Cerny apparaît dans le Bassin parisien, la région du Rhin est le domaine de la culture de Rössen (du nom d'une nécropole d'Allemagne orientale). La circulation des hommes, des matériaux et des idées produit dans l'Aisne, vers -4400/4300, un faciès du Rössen tardif reconnu à Berry-au-Bac “la Croix-Maigret” ou à Osly-Courtil . La céramique en est aisément reconnaissable, avec ses décors poinçonnés de lignes ou de triangles et son pastillage. C’est le dernier soubresaut du Néolithique d’origine danubienne et l’entame d’un nouveau cycle techno-culturel correspondant, en terminologie paneuropéenne, au Chalcolithique ancien. Les premières enceintes à fossés à fond plat apparaissent à cette époque dans la région ; mais on les connaît depuis le Cerny (Balloy, Villeneuve-la-Guyard, Barbuise-Courtavant,…) dans le Bassin parisien central. Peu nombreuses et de petite taille, elles semblent ici de nature plutôt défensive.

 

 

Le Michelsberg (4300/4200-3700)

 

A la fin du V° millénaire et au début du IV°, la culture dite de “Michelsberg” relève encore en partie des traditions précédentes. Mais l’arrivée dans le Bassin parisien central d’influences et de groupes humains (?), issus de la culture chasséenne d'obédience méridionale, contribue sûrement à son élaboration.


Les enceintes deviennent plus nombreuses et surtout plus variées dans leur taille, leur forme et leur utilisation. Deux exemples "monumentaux" occupent le fond de la vallée, à Bazoches-sur-Vesle et à Maizy .
La décoration des vases disparaît quasi complètement, et la forme des poteries se standardise autour d’une petite dizaine de types. L'industrie du silex se caractérise par un débitage de longues lames larges et épaisses, d'éclats pour l'outillage de base et par la production de haches, indispensables à l'abattage des arbres, dans de véritables mines (Jablines, Hardivilliers,…).
A côté de l'agriculture, attestée par des silos, des meules, des céréales souvent à grains nus, les vestiges animaux confirment l'importance prise par le porc dans l'alimentation carnée. C'est probablement à cette époque que l'utilisation des produits dits "secondaires" (lait, poils, fumures) et la traction animale se développent totalement; et que de nouveaux outils aratoires apparaissent pour la mise en culture des terres souvent lourdes des plateaux.
 

> Voir la suite de cette période
Le  Néolithique final

 

 

  

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